Page sur les différents compteur électrique

Un compteur électrique est un organe électrotechnique servant à mesurer la quantité d'énergie électrique consommée dans un lieu : habitation, industrie... Il est utilisé par les fournisseurs d'électricité afin de facturer la consommation d'énergie au client. à l'origine ces appareils étaient de conception électromécanique, ils sont remplacés dorénavant par des modèles électroniques.
L'unité légale d'énergie est le joule, correspondant à une puissance d'un watt pendant une seconde. Cependant, l'unité d'énergie habituellement utilisée pour la consommation électrique est le kilowatt-heure (kWh). Un kWh est équivalent à 3,6×106J.

Les différents types de compteurs

Compteurs classiques électromécanique
Ce sont les plus anciens compteurs. On les reconnait à leur disque qui tourne. Ils se fixent à l'aide de trois points d'attache. Son intérêt est sa grande robustesse et sa facilité d'installation.
Compteurs électroniques.
Le système de comptage est électronique et souvent moins encombrant que les compteurs classiques. Ils peuvent être à affichage mécanique ou LCD (Digital). Ces compteurs sont plus sensibles aux surintensités et surtensions, et tout particulièrement la foudre. .
Compteurs modulaires.
Les compteurs électriques modulaires ont un système de mesure électronique. Ils ont l'intérêt d'être peu encombrants. Ils sont également facile d'installation car se monte sur le rail DIN. L'affichage peut être mécanique ou LCD (Digital)
Compteur Monophasé "Modulaire"

Les différents types d'affichage.

Affichage mécanique.
L'affichage mécanique est le plus ancien des affichages. Par rapport à l'affichage LCD, il présente l'avantage de pouvoir être lu y compris lors de coupures de courant. De plus, en cas de détérioration ou de vandalisme, la dernière valeur enregistrée reste affichée, ce qui rend sa lecture toujours possible.
Affichage LCD (Digital)
L'affichage LCD (Digital) présente l'avantage de pouvoir afficher différentes informations : tarifs du kWh, Watt, tension ). Il est donc souvent utilisé sur les compteurs complexes.

Compteur éléctrique intelligent

Un compteur intelligent est un compteur disposant de technologies avancées, dites AMR (Automated Meter Reading) qui identifient de manière plus détaillée et précise, et éventuellement en temps réel la consommation énergétique d'un foyer, d'un bâtiment ou d'une entreprise, et la transmettent, par téléphone ou courant porteur en ligne (CPL), au gestionnaire des données de comptage (en France, mission confiée au distributeur par la loi du 7 décembre 2006.
Les compteurs intelligents peuvent notamment établir des factures en temps réel et repérer les postes qui coûtent le plus au client. Ils peuvent éventuellement l'informer de microcoupures ou de pertes sur le réseau électrique. Du point de vue de l'entreprise, ils permettent des gains de productivité important via la suppression des emplois de personnels chargés du relevé des compteurs.
Lorsque le compteur est en plus programmable à distance et équipé d'un appareil de coupure à distance, il est dit AMM. Cette deuxième qualité est capitale car elle va bien au-delà du simple relevé à distance et ouvre l'ensemble du réseau de distribution d'électricité à des évolutions profondes génériquement connues sous le nom de réseau intelligent. Cependant, ces compteurs ont également des inconvénients importants pour l'usager en termes de coût et d'atteinte potentielle à la vie privée notamment.
Selon les sources, les termes compteurs communicants, compteurs évolués ou smart meters sont également employés pour désigner cette nouvelle génération de compteurs d'électricité.
La dérégulation progressive des marchés de l'électricité et du gaz dans le monde, ainsi que l'interconnexion croissante des réseaux ont incité des agences et organismes gouvernementaux de réglementation ou de régulation à rechercher des moyens de mieux connaître, prévoir et maîtriser la consommation électrique, de gaz et d'eau des habitants, d'un quartier, d'une région ou d'un pays.

Avantages

les promoteurs de ces compteurs visent à inciter les clients à moins consommer, par l'établissement de prix différenciés en temps réel, aux heures de crêtes (surtarification) prévisibles selon les heures de la journée et la saison. Cela est censé encourager les clients à consommer moins d'énergie et permettre des économies globales d'énergies dans une perspective de développement durable. En effet, en permettant un suivi de consommation, ces systèmes permettraient de réaliser des économies d'énergie de 5 à 15%, en favorisant de meilleures pratiques. Ces compteurs permettent également de couper à distance avec l'accord des clients l'alimentation de certains équipements, pour éviter les surcharges du réseau en période de pointe.
Les compteurs intelligents permettent également d'effectuer certaines opérations à distance, sans qu'un technicien se déplace et que le client soit présent. En éliminant les tâches manuelles de relève, de changement de puissance, de coupure ou de remise en service, ces compteurs sont sensés à terme permettre une diminution des coûts de distribution de l'énergie et des délais d'intervention. Il a été souligné que cela entraînerait la disparition de nombreux emplois de ce type chez ErdF. Ces compteurs permettront en outre d'avoir une facture basée sur une consommation en temps réel, plutôt que sur une alternance de relevés sur site et d'estimations.

Inconvénients

La précision de ces compteurs et la liaison constantes qu'ils entretiennent avec le fournisseur d'électricité est jugée préoccupante en raison des possibles atteintes à la vie privée qu'ils permettent. Ainsi, le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) s'inquiète des dérives possibles en matière policière et commerciale: Le gestionnaire peut savoir, en théorie, minute par minute dans quelle pièce vous vous trouvez et ce que vous y faites! relève ainsi Levi Nietvelt, conseiller chargé de l'énergie au BEUC.
Un cryptage des données transmises devrait néanmoins éviter les piratages et les fournisseurs se voir imposer des règles strictes dans l'usage de ces informations. En France, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a constitué un groupe de travail sur ce sujet incluant la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés).
Cette dernière a, à cette occasion, mis en garde EDF quant à la nécessité de garanties sérieuses sur la confidentialité des données, compte tenu du fait qu'à terme ces compteurs permettront de savoir beaucoup de choses sur les occupants d'une habitation, comme leur horaire de réveil ou le moment où ils prennent une douche.
Par ailleurs, le coût de ces appareils est peu négligeable : ils coûteraient entre 12 et 24 euros par an pendant dix ans à chaque utilisateur et leur coût pourrait même doubler par rapport au prix initialement prévu.

Prospective

Dans le monde entier, gouvernements et distributeurs d'électricité se sont emparés de la question, emboîtant le pas à l'Italie, premier grand pays à être intégralement doté de cette génération de compteurs.
En septembre 2009, l'Union européenne a fixé aux Etats membres un objectif de déploiement des compteurs intelligents dans 80% des foyers européens d'ici 2020, et 100% d'ici 2022. Cette directive européenne doit être transposée dans le droit national de chaque état membre avant mars 2011.
Cette directive s'inscrit dans le cadre de l'objectif des trois fois 20 proposés par la Commission européenne pour combattre le changement climatique: augmenter de 20% la proportion des sources renouvelables dans le mix énergétique; diminuer de 20% les émissions de gaz à effet de serre (GES); améliorer l'efficacité énergétique de 20% d'ici à 2020. La Commission européenne estime qu'une réduction des dépenses énergétiques de 10% peut être atteinte grâce aux compteurs intelligents.
La Suède et l'Italie sont les premiers pays à avoir entrepris l'installation de compteurs intelligents.

Le projet Linky

Le principal distributeur français, ERDF, a lancé en 2007 le projet Linky (nom donné officiellement au compteur en mars 2009). Ce projet ambitionne l'équipement de la France entière en compteurs AMM à l'horizon 2021, soit 35 millions de clients équipés, pour un coût annoncé de 4 milliards d'euros. Les associations de consommateurs ont exprimé des inquiétudes concernant le financement de ces appareils .
Le gouvernement français décidera de cette généralisation, à l'issue de la phase d'expérimentation à la fin de l'hiver 2011.
Selon ERDF, la généralisation du compteur Linky permettrait :
Détail
pour les gestionnaires de réseaux: une réduction des coûts de gestion,
pour les fournisseurs: une réduction des fraudes et des réclamations, et une plus grande richesse d'informations permettant de proposer aux clients de nouvelles offres,
pour les producteurs: une meilleure maîtrise des pointes de consommation et une simplification de l'installation de panneaux photovoltaïques,
pour les clients : des factures établies systématiquement sur leur consommation réelle, des interventions effectuées sans intervention à l'intérieur du domicile et sans prise de rendez-vous, ainsi qu'un suivi plus précis de leur consommation électrique.
Depuis le 1er janvier 2010, les clients industriels raccordés en BT peuvent disposer de leur propre compteur communicant, le compteur "PME-PMI". Celui-ci ne fait pas encore l'objet d'un déploiement massif mais il équipera ces clients en cas de défaillance des anciens compteurs ou en cas de création d'un point de livraison. Les clients industriels raccordés en HTA seront quant à eux couverts par le futur compteur HTA dont la mise en oeuvre est prévue en 2013. Linky, PME-PMI et HTA formeront ainsi la gamme complète des compteurs communicants français, selon les projets d'ERDF.
L'Ademe a conduit une évaluation des bénéfices pour l'environnement du compteur Linky, et a conlu fin 2010 que le gain réel en économie d'énergie pour le consommateur n'était pas prouvé, préconisant une année supplémentaire de test, et l'ajout d'un mécanisme d'affichage supplémentaire relié au compteur et situé à l'intérieur du logement pour mieux informer le consommateur. C'était une des critiques faites par les détracteurs de Linky

Aspects techniques

Linky monophasé et triphasé ont sensiblement les mêmes dimensions que leurs prédécesseurs, les compteurs bleus électroniques (CBE) mono et triphasés. Le compteur Linky embarque toutes les fonctionnalités existantes sur les CBE auxquelles il vient ajouter celles de sa génération (mesures sur 14 index, relevé de courbe de charge, communication CPL avec les concentrateurs), symbolisées par la présence d'un port USB en façade, qui toutefois ne peut recevoir un périphérique USB standard mais est destiné à offir les fonctionnalités (déjà existantes sur le CBE) de télé-information client (TIC)
Lors de l'expérimentation de 2010, les compteurs Linky ne sont pas reliés au bus de téléreport Euridis, afin d'éviter la confusion entre CBE et Linky lors des télérelèves. On notera de plus que Linky exploite une version plus avancée d'Euridis: Euridis2.
Fait significatif en matière de développement des énergies renouvelables grâce à la production décentralisée, Linky compte à la fois en soutirage (consommation) et en injection (production).
Le système construit par ERDF repose sur la communication bi-directionnelle entre son parc de comptage et un unique système d'information via des concentrateurs installés dans les postes de transformation HTA/BT. Les informations et les ordres circulent entre ces 3 points de la manière suivante:
Détail
de Linky au concentrateur, par courant porteur en ligne (CPL) bas débit sur le réseau BT
du concentrateur au système central par téléphonie mobile (GPRS).
Les flux sont supervisés par une unique agence centrale de supervision (aussi appelée "control room").
Le courant porteur en ligne utilisé se base sur une modulation S-FSK, à un débit de 2400 bits par seconde. Au-dessus de cette couche physique sont utilisées les couches du protocole PLAN (norme IEC 61334) ainsi qu'une messagerie COSEM (norme IEC 62056).
Le système Linky est à la fois un gestionnaire d'actifs et de données de comptage et un automate délivrant des services aux autres SI de l'entreprise et, via eux, aux SI des fournisseurs d'électricité. Grâce à lui, un client emménageant dans son nouveau logement pourra appeler son fournisseur, lui demander une mise en service et l'obtenir sans la contrainte d'un rendez-vous physique, dans les 24h.

Nouveaux services

Linky apporte aux clients les services de tout compteur AMM tels que décrits en tête de l'article et permet à ERDF de se préparer à lancer son propre "réseau intelligent", gage de très nombreuses autres possibilités pour les différents usagers des réseaux et la collectivité en général.
Exemples de services:
Détail
le relevé d'index à distance, sans que l'abonné ne soit présent
la mise en service à distance, dans des délais plus bref
le dépannage à distance
le suivi de la consommation du foyer et donc une meilleure maîtrise des dépenses d'énergie.

Sécurité des données

Soucieuses du respect de la vie privée, les associations de consommateurs émettent des réserves sur le déploiement de Linky. La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a déclaré, dans un communiqué publié le 5 août : Les informations de consommation d'énergie transmises par les compteurs sont très détaillées et permettent de savoir beaucoup de choses sur les occupants (d'un foyer). () Les distributeurs d'énergie devront donc apporter des garanties sérieuses sur la sécurisation de ces données et leur confidentialité.
ERDF a répondu que toutes les données de consommation sont cryptées, pour protéger le système contre des attaques malveillantes pouvant nuire au respect de la vie privée. L'entreprise a ajouté que toutes les informations collectées seront considérées comme des données personnelles et donc transmises aux producteurs et distributeurs d'énergie dans le respect de règles de confidentialité, sous le contrôle de la CNIL.
Exemple de compteur intelligent

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